Le
Chi Nei Tsang est un terme chinois pour un massage particulier autour du
nombril et de l’abdomen où le stress, les tensions et les émotions négatives
peuvent s’accumuler.
Le
Chi Nei Tsang est l’une des façons les plus rapides pour se connecter
avec son être authentique.
Le
Chi Nei Tsang élimine les tensions physiques et émotionnelles qui se
situent dans les intestins et les organes.
Découvrez
les
avantages de ce massage relaxant de l’abdomen et comment il se traduit
dans une vie active et dynamique.
Info
supplémentaire: article
paru dans le mensuel BIOCONTACT n° 134
de mars 2004. cliquez ici
ou lisez plus loin.
LE
MASSAGE DU VENTRE
Des études sérieuses
démontrent l'étroite liaison entre notre cerveau et notre abdomen, à
tel point que l'on peut qualifier ce dernier de « second cerveau » (ou
cerveau entérique). Le Chi-Nei-Tsang, technique de massage chinoise, vise
rien de moins, que de rétablir bien-être et joie de vivre, en détendant
notre ventre, qui est mémoire de toutes nos émotions.
Le
Chi-Nei-Tsang (CNT) ou massage régénérateur des organes
internes, issu de la plus ancienne tradition chinoise, a été proposé
depuis peu en Occident par Mantak Chia (1) et ses disciples. II est avant
tout un moyen extrêmement efficace pour dissoudre
des énergies négatives accumulées dans les principaux organes du
corps au fil des ans, lesquelles se manifestent à terme sous la forme
d'innombrables pathologies somatiques, ou de perturbations d'ordre
psychique ou émotionnel, non moins nombreuses.
Des émotions négatives
telles que la peur, la colère, l'anxiété, la tristesse ou le découragement
(si elles sont trop fréquentes ou deviennent chroniques) engendrent des
obstructions énergétiques très dommageables pour la santé. Le même préjudice
peut être provoqué par des causes matérielles comme les interventions
chirurgicales, des accidents physiques, la prise de drogue ou de certains
médicaments, le stress dû à une surcharge permanente de travail, un
choc affectif soudain ou brutal, une alimentation médiocre, ou bien se
tenir habituellement dans une mauvaise posture.
Intégré dans une hygiène
de vie globale quotidienne, le CNT soulage, assouplit, détend, libère
toutes sortes de tensions et de toxines et « remet à neuf » au sens
large du terme, neutralisant en tout ou partie ces agents délétères, et
constituant ainsi une magnifique thérapie de contact, à la fois préventive
et curative, à pratiquer sur soi-même ou sur autrui.
A la différence du
shiatsu, venu jusqu'à nous du Japon, qui agit sur les organes majeurs par
acupression digitale sur le parcours des grands méridiens corporels (2),
le CNT oeuvre en prise directe sur chaque organe,
ou plus exactement sur chacune des cinq grandes unités organo-énergétiques
doubles de la médecine chinoise : poumons / gros intestin (archétype «
métal »), reins / vessie (archétype « eau »), foie / vésicule
biliaire (archétype « bois »), coeur / intestin grêle (archétype «
feu ») et le couple rate pancréas / estomac (archétype «terre »)
En pratique il
interviendra par zones du corps : abdomen, diaphragme, thorax, aine, zones
latérales du ventre, zone dorsolombaire ou rénale du dos. La première
se révèle être la plus importante, celle qui de tous temps fit l'extrême
popularité du CNT dans son pays d'origine, et hissa ce massage au rang de
technique maîtresse de santé, là comme ailleurs.
Quelle incomparable
source de mieux-être, de décrispation, d'apaisement, de relaxation
bienfaisante (quand ce n'est pas de libération émotionnelle parfois
soudaine, voire poignante, accompagnée ou non de larmes), qu'une séance
bien conduite de Chi-Nei-Tsang sur un ventre, qui se dévoile au toucher,
gonflé, convulsif, raidi, douloureux ! Ici (peut-être même plus
qu'ailleurs) le massage doit se muer en geste de tendresse et d'amour pour
tenir toutes ses promesses.
Les
agents perturbateurs cités plus haut (qu'ils se soient déjà
manifestés comme pathologies confirmées ou pas encore) se
matérialisent toujours sur (et dans !) le ventre, et pourront être
identifiés aisément sous la forme d'irrégularités sous-cutanées variées,
d'enchevêtrements et même de véritables « noeuds » de nerfs,
vaisseaux sanguins, ou ganglions lymphatiques, plus ou moins durcis, sans
parler des amas irréguliers de cellulite, et des plis de lard à hauteur
de la sangle abdominale, ou plus bas, qui trahissent (entre autres
facteurs) une vie trop sédentaire, et en manque d'exercice, une
alimentation trop riche et abondante, une absence souvent absolue de
tonicité musculaire. Tôt ou tard viendront s'inscrire et cristalliser
sur l'abdomen, (notre grande zone molle et vulnérable, intime et donc
protégée, d'ordinaire occultée), les contradictions, tensions et
conflits de toute nature que nous cumulons au fil de notre vie... Nulle
part, en vérité, plus clairement et nettement qu'ici.
De
nombreux bienfaits
Les techniques que le
CNT met en oeuvre, peuvent dissoudre ces blocages, défaire ces noeuds et
enchevêtrements congestifs (bien réels), éliminer ces crispations
parfois très anciennes, réduire de beaucoup le fardeau adipeux, détendre
intégralement et permettre à l'énergie de couler à nouveau librement,
vitalisant tout l'abdomen et, au-delà, l'ensemble
de l'organisme. Elles peuvent en outre atténuer
ou faire d'emblée disparaître les émotions négatives,
l'anxiété, l'angoisse et les états dépressifs,
faisant renaître une joie de vivre, longtemps ternie, qui ira
souvent de pair avec des résultats physiologiques spectaculaires :
disparition de troubles fonctionnels et neurovégétatifs localisés tels
que la constipation, la diarrhée, les colopathies spasmodiques et ulcéreuses,
les gastralgies, les crampes abdominales et les points douloureux sur tous
les plexus de la face antérieure.
Mais au-delà du
ventre, ce massage agit aussi (et c'est remarquable) en améliorant les
systèmes cardiovasculaire et pulmonaire dans leur ensemble ainsi que les
fonctionnalités sexuelles, en régularisant efficacement la tension artérielle
et le poids corporel, en réduisant ou faisant disparaître des
souffrances articulaires, l'insomnie, la fatigue chronique, certaines
allergies et des migraines tenaces, les rhumatismes, des douleurs
musculaires et des névralgies diverses à l'autre bout du corps, le diabète
et jusqu'au « mauvais » cholestérol, sans parler des excellents résultats
obtenus sur les maux de dos tels que sciatiques et lombalgies, même
chroniques, et des raideurs et douleurs de la nuque et du cou.
Une découverte
scientifique
Comment de tels résultats
sont-ils possibles? Comment un ensemble de techniques de massage, précises
et délicates, certes, mais au demeurant accessibles à tous, peuvent
ainsi ouvrir la voie à une régénération intégrale et soigner, voire
aider à guérir, le corps et l'esprit?
Même s'il doit être
complété, naturellement, par diverses mesures judicieuses
d'accompagnement, le Chi-Nei-Tsang (et d'autres approches de contact
analogues) affichent une efficacité étonnante sur ces deux registres.
Nous avons la clé pour la réponse dans une découverte scientifique récente,
extraordinaire: nos intestins constituent un deuxième cerveau, très
similaire à celui logé dans la tête.
Les Anciens, taoïstes
et indiens (des Indes, d'Amérique ou d'ailleurs) le savaient, eux pour
qui le ventre était les « racines de la vie », le siège de l'âme, et
qui comparaient la structure du cerveau à celle, en particulier,
de l'intestin grêle, l'un comme l'autre doté de
circonvolutions étonnement ressemblantes. Mais le parallèle
morphologique se double par ailleurs d'un incroyable faisceau de
similitudes : ce véritable deuxième cerveau inséré au sein de notre
corps, appelé le système nerveux entérique, est situé dans une gaine
tissulaire revêtant l'oesophage, l'estomac et surtout l'intestin grêle
et le côlon. Parfaite unité fonctionnelle
intégrée, il est composé de neurones, de
protéines et de neurotransmetteurs qui renvoient
en tous points au cerveau « d'en haut » et interagissent
de façon tout à fait autonome ; capable d'apprendre, se souvenir, et
engendrer émotions et sentiments.
Ce second cerveau «
d'en bas », affirme le Pr Michael Gershon, de l'Université Columbia de
New York, et qui l'étudie depuis trois décennies, joue un rôle crucial
dans les misères et le bonheur des hommes... Ce faisant, ce chercheur
consacre scientifiquement, comme d'autres l'ont fait avant lui dans des
domaines différents, le lien indissoluble qui existe entre le corps et
l'esprit, le soma et la psyché. La neuro-gastroentérologie était née...
Le système nerveux entérique
se reflète en miroir dans le système nerveux central, et vice-versa, et
les deux communiquent constamment par le biais du nerf dit vague, mais
sans perdre leur indépendance. Presque
toutes les substances qui déterminent le fonctionnement du cerveau encéphalique
se retrouvent
dans le ventre : des neurotransmetteurs majeurs comme la dopamine,
la norépinéphrine, la mélatonine, l'acétylcholine, l'oxyde nitirique
et - notamment-la sérotonine sont là (au total, une vingtaine). Deux
douzaines de petites protéines cérébrales, les neuropeptides, y sont
logées, comme le sont les principales cellules du système immunitaire,
engendrées sur place en très grande quantité (70 à 80 % du total de
l'organisme !). Plus stupéfiant encore : une catégorie très importante
de substances opiacées endogènes, les enképhalines, résident ou
prennent naissance dans la zone abdominale, tout comme les benzodiazépines,
puissantes drogues psycho actives qui soulagent l'anxiété et l'angoisse
et sont le principe actif essentiel du Valium bien connu. Jusqu'à assez récemment,
on estimait que les intestins étaient un tube
« branché » sur le cerveau, (plutôt neutre et docile), qu'il agissait
sur commande. Erreur !
Personne, jusqu'aux
travaux de Gershon et du Dr David Wingate, de l'Université de Londres,
n'avait pris la peine de compter les neurones du
ventre : ils sont cent millions, davantage que dans la moelle épinière
! Or, le nerf vague ne relie ce cerveau entérique à celui de la tête
que par un faisceau d'environ 2 000 neurones... Les autres, tous les
autres, se consacrent à des tâches
spécifiques et autonomes ne dépendant
pas directement du cerveau supérieur ! Peu à peu, ce nouvel éclairage
anatomophysiologique permet de mieux comprendre pourquoi les gens
agissent, réagissent et ressentent comme ils le font ; pourquoi des antidépresseurs
comme le dangereux Prozac - pourtant si répandu - tendent à bouleverser
et à dégrader d'une façon ou d'une autre la fonction intestinale, car
ils « confisquent » la sérotonine, « arbitre secret de nos états d'âme
», selon la très heureuse formule de Pierre Pallardy (4) - et la mettent
à la disposition du système nerveux central, artificiellement, au
détriment de système entérique. C'est jouer avec le feu...
Nous
avons dans le ventre, pour peu que nous le laissions bien
fonctionner, toute la pharmacopée biochimique
nécessaire à notre détente, à notre joie
de vivre et à notre épanouissement... ne vaut-il pas
mieux le masser amoureusement, pour l'assainir, le tonifier et le
stimuler, que l'empoisonner à petit feu avec des drogues ?
Toute altération d'un
système nerveux se répercute immanquablement sur l'autre ; cette
correspondance semble même particulièrement frappante dans le cas des
maladies auto-immunes, telles que les colites ulcéreuses,
la maladie de John ou la redoutable maladie d'Alzheimer. Les victimes de
cette dernière, par exemple, ainsi que celles atteintes de Parkinson,
souffrent de constipation. Leurs nerfs entériques sont aussi malades que
ceux de leur premier cerveau, et des plaques amyloïdes véritable
signature de l'Alzheimer et d'autres encéphalopathies (que l'on appellera
à l'avenir entéro-encéphalopathies ?)- apparaissent en même temps dans
la tête et dans les intestins!
L'une
des conditions cruciales de la santé est, vraiment,
le fonctionnement coordonné et harmonieux,
la coopération constante des deux cerveaux
de l'être humain. Le second cerveau, abdominal, est (ne l'oublions
pas) le gardien principal de notre immunité, fonction primordiale de
survie et de longévité. Si le pacte est rompu, nous avertit le Pr
Gershon, « il y aura chaos dans notre ventre (et ailleurs dans notre
corps) et misère dans notre tête... ».
A la lumière de tout
ce que nous venons de voir, le Chi-Nei-Tsang de l'abdomen peut devenir, en
effet, un gardien authentique du bien-être au quotidien, protégeant
notre santé sur tous les plans. Mais finalement en quoi consiste-t-il ?
Les
techniques
Une description de
chacune de ses techniques, et de chacun de ses objectifs, aussi sommaire
soit-elle, dépasserait notre propos dans le cadre de cet article. En
annexe nous donnerons quelques pistes pour se renseigner plus avant (5)
et, si on le désire, apprendre le CNT, ce qui dans tous les cas doit se
faire - du moins au début - avec un instructeur compétent. Sur le
ventre, ce massage chinois dépendra de la forme, la taille et l'état de
celui-ci, ainsi que de la nature du problème à résoudre ou plus
largement du but recherché,
et donc aussi de la profondeur que l'on veut
atteindre (pression digitale plus ou moins forte).
Les techniques
manuelles employées seront donc très diverses, avec toutes les variantes
liées également à la taille, et à la morphologie des mains du sujet
traitant (soi-même, si on exerce en automassage), à son expérience, à
son adresse, à sa sensibilité et - in fine, élément essentiel - à sa
perception directe, charnelle, intuitive, des besoins du sujet traité.
Voici, d'une façon très générale, les principales :
- Massage avec le(s)
pouce(s) en position verticale ou horizontale, en glissement vers l'avant
ou l'arrière, afin d'ouvrir, selon la terminologie imagée employée par
les Chinois, les « portails du vent », préalable indispensable à toute
séance de CNT. Technique importante, utilisable dans de nombreux autres
contextes. Possibilité de masser avec les deux pouces, l'un face à
l'autre, l'un devant l'autre ou bien l'un sur l'autre, afin d'accroître
la pression digitale et creuser plus profondément dans le ventre.
- Massage avec le
coude, en cas de forte corpulence du sujet traité, et face à un ventre
plutôt volumineux, enrobé, raide et crispé, ou très musclé. Également
si le praticien n'a pas (encore) assez de tonicité dans les mains et
doigts. Agir toujours progressivement, avec précaution et délicatesse.
- Massage avec le
tranchant de la main, droite ou recourbée, perpendiculairement au ventre.
Agir avec une ou les deux mains en même temps, en position symétrique.
Technique souvent employée d'abord en périphérie de l'abdomen (au
voisinage du diaphragme, de l'os de la hanche et de la zone pelvienne) en
variant au besoin l'inclinaison des mains et leur degré de courbure.
Action de drainage, d'écopage ou de balayage-ramassage très efficace ;
possibilité de lui imprimer dans certains cas un va-et-vient qui rappelle
l'action de scier.
- Massage par pétrissage
ou malaxage. Lorsqu'il est fait adroitement, avec sensibilité et
souplesse, c'est l'une des techniques les plus belles, efficaces et agréables
du Chi-Nei-Tsang abdominal. Avec elle on accomplit la « petite vague »
sur l'ensemble du ventre (en aller et retour), massage latéral, général,
assouplissant et détendant, qui intervient presque toujours en début de
séance. Les mains agissent parallèlement. On peut compléter au besoin
par un palpé roulé, excellent pour freiner, voire dissoudre, la prolifération
cellulitique dans le tissus conjonctif (saisir la peau, la décoller et la
faire rouler entre le pouce et les autres doigts).
- Massage avec la base
charnue de la main et les quatre doigts d'en face, en alternance. Ici les
mains travaillent indépendamment l'une de l'autre, le cas échéant,
ensemble. Cette technique, variante de l'antérieure, est d'un usage très
diversifié et adaptable; sert notamment pour accomplir la « grande vague
» en faisant le tour du ventre dans le sens des aiguilles d'une montre,
ou dextrogyre. Cette « vague » ample, qui accompagne le sens
d'enroulement du côlon et le transit intestinal en opérant une action de
drainage et décongestion, est l'un des modes opératoires caractéristiques
du CNT ventral. Avec ce massage on peut agir sur - outre les intestins -le
foie, l'estomac et le tandem rate pancréas, organes situés en périphérie
de la zone abdominale.
- Massage avec le bout
des doigts, ensemble ou séparément. Ici on agira par pressions soutenues
ou successives, par secousses ou à l'aide de vibrations sur des points déterminés
du ventre que l'on voudra traiter, au besoin en envoyant de l'énergie de
manière consciente. Cette projection énergétique - ou, au contraire, sa
dispersion - est une pratique constante en CNT abdominal, mais cette
technique-ci est particulièrement appropriée pour cela. Un appel délibéré
à l'énergie, véhiculée par un ou deux doigts, a lieu notamment pour «
brûler ou dissoudre un vent malade ».
- Massage par spirales
ou rotation ponctuelles. C'est encore l'une des techniques emblématiques
du CNT ventral. Elle se fait avec un ou deux doigts, sur une zone très
localisée, dans le sens des aiguilles d'une montre ou inversement, en
surface ou bien en profondeur, par une pression digitale plus forte. C'est
un procédé très efficace de détoxification, qui dissout des « grains
de sable » ou impuretés véhiculées par, et accumulées dans, la
lymphe. II est aussi employé pour traiter la vésicule biliaire,
notamment, et les autres organes périphériques majeurs.
- Travail avec la main
tout entière (l'une d'elles ou les deux), soit en massant, soit en
imposition immobile sur la peau du ventre ou au-dessus - hors contact- par
rayonnement énergétique. C'est la technique la plus souple, où la part
de sensibilité et d'intuition du pratiquant s'exercera le plus librement
et directement, sans contraintes. Par ce travail, le CNT rejoint bien
d'autres massages dont le but - soulager, aider, guérir - est le même
que le sien (6).
Mais le CNT ne fait pas
tout Certes, aussi remarquable soit-il, le Chi-Nei-Tsang abdominal, à lui
tout seul, ne saurait être une clé unique de santé, ou une panacée
universelle : celle-ci, ne nous en déplaise, n'existe pas. Sans un
environnement favorable et une politique globale et cohérente de santé,
ce magnifique (auto) massage restera un atout appréciable, bénéfique
dans tous les cas, mais palliatif, partiellement amputé de son réel
pouvoir de guérison.
Partir à la reconquête
de sa santé implique qu'on l'associe avec une alimentation biologique,
naturelle, variée et pleine de vitalité, équilibrée, à dominante végétarienne,
volontiers et d'ordinaire frugale et prise à bon escient, avec une
activité physique réelle, régulière, soutenue et adaptée à notre âge
et à nos capacités, et avec l'adoption - ceci est capital - de postures
et d'exercices quotidiens de gymnastique respiratoire à répercussion
(voire à visée) abdominale, dont la synergie avec les soins manuels
apportés au ventre peut être extraordinairement bénéfique.
La Bioénergétique taoïste
(1) et le Yoga, seul ou par le biais du Pranayama (7) en proposent
d'excellents ; ils constituent un bienfait incomparable pour tous les
organes, sans exception, logés sous le diaphragme.
Parachevant ces
mesures, j'ajouterai des exercices abdominaux réguliers pour tonifier et
dynamiser la charpente musculaire qui soutient le ventre (et lutter contre
le manteau adipeux qui tend à l'enrober avec l'âge), le port d'une
ceinture protectrice de flanelle laine coton pendant la nuit et, par temps
froid, de jour également (8) et, enfin, la prise à intervalles plus ou
moins espacés, d'un excellent adjuvant alimentaire, que l'on qualifie de
« probiotique ». Grand protecteur intestinal, il s'agit d'une préparation
de lactobacilles sélectionnés qui régénèrent la flore et la faune de
notre long « second cerveau », empêche la prolifération de bactéries
pathogènes en son sein, facilite grandement la digestion, aide à la
synthèse de certaines vitamines essentielles et améliore beaucoup les défenses
immunitaires que - nous le savons déjà - notre système entérique
engendre en grand nombre. Le ventre, organe du bonheur...
Ce raccourci, à première
vue exagéré, n'est en rien une outrance ! Autant que notre structure
mentale, sinon plus - et en tout cas en liaison intime avec elle - notre
ensemble abdominal, dans sa riche complexité non encore entièrement
explorée par la science, détermine profondément notre vie affective,
modèle et façonne nos émotions, et à son tour se voit affecté par
elles ; par sa batterie de neurotransmetteurs et autres substances
psychoactives endogènes, a le pouvoir de faire naître vague-à-l'âme ou
joie de vivre, désarroi ou plaisir, mal de vivre ou plénitude. Doué de
mémoire, il est, en outre, l'archive de nos souvenirs émotionnels depuis
la plus tendre enfance...
Les Chinois savaient
tout cela. Ils associaient la colère, l'anxiété, la préoccupation, la
tristesse et la peur avec différents secteurs ou zones de l'intestin. «
L'automassage du ventre a le pouvoir de créer un bien-être immédiat au
niveau du cerveau supérieur, à travers les endorphines (ou hormones du
bien-être) qui, dans la lutte contre les douleurs, sont beaucoup plus
efficaces que tous les médicaments calmants. »
nous dit encore Pierre
Pallardy (4). Il ajoute : « en massant l'estomac, vous agissez sur la
concentration, en massant le gros intestin, sur la résistance aux émotions
(négatives), en massant la zone de la rate, on combat fatigue et dépression,
en massant foie et vésicule biliaire, on chasse l'anxiété... ».
Puisse le
Chi-Nei-Tsang, devenir pour chacun d'entre nous, un outil de santé, de
longévité et d'épanouissement global à la portée de nos mains
bienveillantes.
Matéo Magarinos. Dr en
biologie appliquée, conseiller en diététique et nutrition, instructeur
associé en Bioénergétique taoïste.
Article
paru dans le mensuel BIOCONTACT n° 134 de mars 2004.
(1) Maître chinois né
en Thaïlande, compilateur et rassembleur de vieilles traditions taoïstes
de santé d'une grande richesse - alors
en voie de disparition -
qu'il appela 'Universal (ou Healing) Tao', mieux connues dans les pays
francophones sous le nom, très
précis, de Bioénergétique
taoïste. Le Chi-Nei-Tsang en fait partie.
(2) Canaux énergétiques
qui, selon la médecine d'Orient, sillonnent le corps humain et
conditionnent la circulation de l'énergie - ou
chi - en périphérie et
à l'intérieur de celui-ci.
(3) Engendrés par
l'action de la célèbre polarité Yin - Yang, ces cinq archétypes de
tout ce qui existe dans le monde forment un
canevas fondamental - dit
système des cinq éléments - pour tous les aspects de la médecine
chinoise.
(4) in « Et si ça
venait du ventre ? », Ed. Robert Laffont, 2002. Pierre Pallardy est un
ostéopathe et un diététicien avec une vaste
expérience de terrain.
(5) Fondateur et
Directeur de l’Institut de Chi Nei Tsang de Berkeley en Californie :
http://www.chineitsang.com Gilles
Marin est l’auteur de
« Guérir de l’intérieur avec le Chi Nei Tsang » (bientôt édité en
Français).
(6) Répétons que cette
énumération des techniques du CNT ventral ne vise nullement à remplacer
l'instructeur ou le thérapeute - au
début irremplaçables -
mais cherche simplement à en informer le lecteur.
(7) Véritable science du
respir forgée en Inde dans le sillage du Hatha-yoga, mais se distinguant
de lui.
(8) Des dangereux
refroidissements sont fréquemment subis par les organes vitaux du
pourtour abdominal (foie et vésicule,
estomac, rate-pancréas
et, par derrière, les reins). Tous - on ne le dira jamais assez - aiment
la chaleur et en ont besoin pour
bien fonctionner !
L I R E
- « Le Chi-Nei-Tsang,
massage des organes internes », Mantak Chia, Ed. Trédaniel.
- « Chi-Nei-Tsang II »,
Mantak Chia, (vient de paraître), Ed. Trédaniel.
- « Et si ça venait du
ventre ? », Pierre Pallardy, Ed. Robert Laffont.
- « Les chemins du bien-être
», Pierre Pallardy, Ed. Fixot.
- « The second brain »,
Michael D. Gershon, Ed. Harper Perennial (en anglais).
- « Les mains du miracle », Joseph
Kessel (de l'Académie française), Ed. Plan.